Joker : Folie à Deux - Si Gaga que ça ? sans spoilers
- critiqueduprojo9
- 3 oct. 2024
- 5 min de lecture
Bon alors, flash back en 2019, Warner annonce un film Joker avec Joaquin Phoenix dans le rôle titre et une promesse auteurisante du script, mené par le réalisateur de la saga Very Bad Trip, curieux mélange !
Et là, c'est la surprise générale ! Un film pesant, qui choisi d'inscrire le clown le plus célèbre de la pop culture dans la société américaine, en faisant le focus sur un homme seul, avec un handicap, moqué et maltraité, avec la dénonciation du système médical et social qui le laisse complètement à l'abandon.
Se réfugiant dans un univers qu'il s'invente, avec la musique et la danse pour se protéger de sa propre peine, le premier film nous montre la dégradation psychologique d'un homme au départ gentil mais écrasé par ses traumas, sombrer dans la folie meurtrière, utilisant le maquillage de clown pour vaincre son effacement au milieu des autres. On ne nait pas mauvais et méchant, le système et la méchanceté de masse créer les monstres !
Tout cela relié à l'univers de Batman, dans un Gotham City dépravé, des politiciens corrompus où Thomas Wayne est tué par la rébellion initiée par le désespoir et la soif de vengeance libérée par Joker.
Premier film à la b-o magistrale, acting parfait, une photographie rétro qui rappelle les tons de couleurs des comics, une plongée inédite dans la tête d'un mec triste, démistifiant la figure qu'on s'en faisaient pour au final nous faire devenir emphatique des actes monstrueux de ce clown brisé.
1 milliard de dollars de recettes plus tard et un oscar, plus un succès à la Mostra de Venise, Warner commanda une suite tout simplement imprévue. On passe d'un budget de 50M à 200M dont une grande partie pour les salaires pour motiver les troupes. Un peut de Lala Land et exit Margot Robbie, bonjour Lady Gaga et ça c'est une super idée.
Folie à Deux fait suite directement au premier film, démontrant bien que les événements de celui-ci étaient réels, car oui la fin ouverte du film de 2019 comportait 2 scènes instituants le doûte. Doute levé,
nous retrouvons Arthur au sein de la prison d'Archam où medecins, psychologues, avocates tentent de prouver que Joker est une double identité d'Arthur Fleck, son procès approchant à grands pas.
Le film va se beaucoup se concentrer sur le procès, et le réalisateur passera 2h20 à approfondir et surligner ce qu'il avait déjà, il me semble, bien expliquer dans le premier film.
On se rend compte qu'Arthur vit les mêmes discriminations en prison que dans la rue. Brendan Gleesson notre Maugrey Fol Oeil national en gardien de prison tyrannique et quelques peut faux cul est à mes yeux le personnage secondaire le plus aboutit.

Il rencontre au détour d'un couloir Harley Queen inscrite au cours de chant qu'il rejoindra. S'en suivra une idylle profonde, en chansons.
Lady Gaga a du charisme, et c'est dommage n'utilise pas la folie qu'elle peut avoir sur scène au profit du personnage qui pourtant, normalement n'en manque pas. Dommage, mais c'est que cette Harley est plus une raison de remettre Arthur sur pieds dans ce milieu fermé, qu'une délinquante frapa dingue.
Maquillée, sa "poker face" est légitime.
Tout le film, Arthur oublie son handicap et ses névrauses, tout vaux la peine, car il a le soutient et l'amour d'Harley et s'y accroche violemment pour la rendre fier plaçant ses fantasmes dans un avenir à deux idyllique plutôt que fou.

L'idée de la comédie musicale est une bonne continuité. Dans le premier, on le voyait agiter les bras et danser rêveusement sous fond de musique. Dans ce deuxième film, les chansons exprimeront son "moi" intérieur, les scènes chantées sont ses carapaces. Pas mal de chansons dans le film, des reprises et des titres originaux qui si elles sont bien menées, sortent pas mal de l'atmosphère pesante, et le contraste fait parfois bizarre.
On regrettera la sous exploitation du personnage de Lady Gaga, étant plus une justification des scènes chantées qu'une véritable amante du Joker, mais l'actrice, chanteuse y met bien tout son coeur.
Todd Phillips (réalisateur) garde la maitrise de sa mise en scène, même si elle abuse un peut à mon goût des plans séquences. La photographie est sombre et jaunâtre, ce qui amplifie le huit clos de l'ensemble.
Joaquin Phoenix toujours à la hauteur, mais il n'y a plus la découverte, c'est donc du déjà vu et ce qui est dommage c'est qu'il y a plus de références de jeux au premier, comme un coup sur l'épaule, c'est comme faire Space Mountain la deuxième fois, c'est moins impréssionant.
Le message central de Folie à Deux est plus une petite remontée de bretelles à toutes les personnes qui ont créer un myte autour du clown d'Arthur. Le film montre qu'Arthur n'est peut-être pas si heureux d'être maquillé et surtout que la ferveur dans Gotham (et la notre) n'est ni son souhait, et questionne sur le bien fondé de la starification d'une figure du mal.
On retrouve tout au long du procès, certain(e)s protagonistes du premier volet. Là, le déroulé met le doigts sur une part importante des procès en général, et se fait une voix des victimes colatérales, et de la prise en compte des répercussions psychologiques des affaires judiciaires en géneral, par le prisme des événements d'Arthur . Mise en avant certe qui aurait pu être mieux dévelopée, mais qui a le mérite d'exister au bon moment dans le long-métrage.
Moins marquant que le premier, trop long pour ce qu'il raconte, Joker 2 n'est cependant pas une plantade.
Un film pour spectateurs qui ne cesse de dire, désolé les gens mais vous en avez fait un peut trop pour tout.
Le film choisi son camp, qui à faire un doigt d'honneur à son titre ! C'est ce qui le rend interessant.
Très lent, et se déroulant seulement dans deux lieux différents, si vous n'êtes pas adepte de comédie musicale, alors il faudra, je pense, passer votre chemin.
Pour ma part j'ai apprécié le film. Les efforts sont là, mais son existence illégitime reste tapie dans l'ombre.
Il n'en reste pas moins un épisode divertissant, parfois émouvant et méta, et ça j'adore !
Scène d'ouverture surprenante et réussie, des bons points non négligables donc.
La morale : la blonde qu'on rencontre à l'hopital psychiatrique, qui donne l'impression de nous voir vraiment malgré les traumas et les différences, devient celle qui nous épaule, et d'être la raison d'avancer au milieu de tous les autres. Ce film valide d'une belle façon le fait qu'on donne tous les espoirs à une seule personne, qu'on choisisse de vivre à travers elle pour être en mesure de choisir la bonne facette , car ce qui compte c'est d'en avoir au moins une, qui à la centraliser dans tout et pour tout.

Démonstration que :ce n'est pas sein, de faire sortir dans la vrai vie : la colère, les émotions et les films qu'on se fait soi-même dans sa tête ! Et qu'il y aura toujours un traumatisé ou un policier pour venir expliquer, la phrase devenue symbolique du premier volet, à savoir "t'a tout ce que tu mérites, enculé"
Donc allez-le voir, c'est moyen mais le déplacement en salle est tout de même payé.
Mais l'ennui à certains moments ne sera peut-être pas si loin, selon vos goûts ciné, la folie annoncée n'étant pas traitée de la manière que vous croyez !
Note : 2,9/5




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